• 15 août : l'assomption de Marie

    15  août : l'assomption de Marie

     


     
    Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.
    Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.
    Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »
    Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »
    Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
    Saint Jean - chapitre 2

     

     

    «Les femmes aussi peuvent-elles devenir Bouddha?» - «Oui, Ananda - Alors pourquoi ne pas admettre les femmes en tant que nonnes dans la communauté?» Le Bouddha ne répondit pas à la question d'Ananda, son plus proche disciple. Celui-ci avait été bouleversé à la vue de femmes de haute caste, dont la tante même du Bouddha, qui avaient marché et mendié afin de voir le Bienheureux et lui demander la permission de vivre la vie errante consacrée à la méditation et à l'enseignement, comme le faisaient les moines. Il est dit qu'Ananda dut poser sa question trois fois avant que le Bouddha n'accepte les nonnes - encore ceci s'accompagnait-il de nombreuses restrictions plaçant les nonnes toujours sous le contrôle des moines. Pesanteurs culturelles? Peur du scandale? Il était en effet impensable dans le contexte de l'époque - le nord de l'Inde, il y a 2.500 ans - qu'une femme, quelqu'ait été son ancienneté, puisse se retrouver en position de supériorité.

    Cependant, dès le début, des nonnes furent des enseignantes renommées pour leur compréhension du Dharma (l'enseignement du Bouddha) et pour la profondeur de leur réalisation spirituelle. Le Bouddha fit leur éloge à plusieurs reprises. Il déclara, par exemple: «Si vous m'interrogez sur les mêmes sujets, je vous donnerai les mêmes réponses que Soeur Dhammadina. Que son discours soit répété devant toute la communauté des moines car elle a saisi l'essence de l'enseignement sur l'Illumination.» (2)

    Si les femmes doivent rester socialement inférieures, les paroles du Bouddha montrent qu'elles ne cèdent en rien aux hommes quant à la réalisation spirituelle. Mais cette ambiguïté va peser sur la position des femmes dans la Communauté qui sera toujours le reflet de la position des femmes dans la société en général.

    Dans l'école Zen du Japon à laquelle j'appartiens, l'ordination se fait de Maître à disciple - homme ou femme. «Dans le bouddhisme, hommes et femmes sont complètement égaux. C'est un des principes les plus élevés de la Voie du Bouddha» , a déclaré Maître Dôgen le fondateur, au 13e iècle. Mais la théorie est une chose, son application une autre!

    Depuis une décennie, tout est en train de changer. Grâce à l'aide du Dalaï Lama d'abord, et aussi sous la pression des femmes elles-mêmes, que ce soit dans les pays traditionnels ou occidentaux. Aux Etats-Unis, beaucoup de femmes enseignent ou dirigent des centres importants. Il semblerait qu'en Europe, l'évolution soit plus lente. Sur une trentaine de centres et monastères, la France en compte deux dirigés par des femmes.

    S'éloignant de la position du Bouddha, beaucoup de textes tardifs déclarèrent que ce n'est que dans un corps d'homme qu'on peut devenir Bouddha. Heureusement, le Soutra «L'enseignement de Vimalakirti», composé en Inde vers le 2e siècle, raconte ceci: un des grands disciples du Bouddha, Shâriputra, rencontre une déesse. Impressionné par ses paroles, reconnaissant sa compréhension des enseignements, il se risque à lui demander: «Pourquoi ne changez-vous pas de corps, vous qui êtes une femme?» La déesse lui rappelle le caractère illusoire des apparences et complète sa démonstration en le transformant en déesse, et en prenant elle-même la forme de Shâriputra. Obligé de reconnaître que la forme - masculine ou féminine - ne change rien, il s'incline devant l'Eveil «incomparable et sans égal» de la déesse!

    Luce Jôshin Bachoux

    (1) Luce Jôshin Bachoux a été ordonnée au Japon dans l'école Zen, il y a 15 ans. Elle dirige un monastère et centre de retraite en France, «La demeure sans limites» (Ardèche).

    (2) Thich Nhat Hanh - «Sur les traces de Siddharta».

    © La Libre Belgique 2001


  • Commentaires

    1
    Samedi 15 Août 2015 à 11:22

    Le bouddhisme ne fais pas de discrimination ;-)
    Merci pour le partage Andrée.
    Bises et bonne journée

    2
    Samedi 15 Août 2015 à 12:51

    Et puis, et puis, Tara est là yes  Et la vierge aussi wink2  Gros bisous à toi,

    3
    Samedi 15 Août 2015 à 13:05

    coucou, notre Dame ressemble à celle que nous avons sur la chapelle des Pénitents, elle est très belle !

    Belle journée à toi, Gros bisous, MIAOU !!!!

    4
    Samedi 15 Août 2015 à 19:37

    Très belle photo en tout cas

    5
    Samedi 15 Août 2015 à 23:31

    Moi je m'en tiens au vers d'Aragon : les femmes sont l'avenir de l'homme ! Bon dimanche chère Andrée et merci de ta fidélité à me suivre malgré ma présence épisodique sur les blogs

    6
    Dimanche 16 Août 2015 à 19:03

    au delà des apparences, les Êtres et leurs qualités, potentiel, le féminin a un rôle important à jouer, bisous

    7
    Mardi 18 Août 2015 à 15:44

    Le culte à Marie est encore très répandu.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :